Dans le cadre de la célébration de la Journée Nationale de l'Artisanat et du Costume National, qui tombe le 16 mars de chaque année, le Premier Ministre Naglaa Boudin Ramadan a supervisé ce matin au Palais du Gouvernement dans la Kasbah une séance de travail ministérielle consacrée à l'examen des dossier de paiement à l'exportation dans le secteur de l'artisanat. La session a passé en revue la réalité et les perspectives de cet important secteur, qui représente une composante essentielle de l'identité culturelle tunisienne et un moteur d'investissement, de développement et d'emploi. Le Conseil a abordé un certain nombre de difficultés auxquelles est confronté le secteur, représentées notamment par la difficulté d'obtenir des matières premières au niveau de la production, et l'inadéquation du système de formation actuel aux besoins, outre l'accès limité au financement, la capacité de exportation et faible promotion. Le Chef du Gouvernement a souligné l'importance d'efforts concertés pour faire progresser davantage ce secteur, développer sa rentabilité et accroître sa capacité opérationnelle. Elle a également appelé à accorder plus d'attention aux artisans et à les encourager à créer et à innover afin de diversifier le produit, d'améliorer la qualité et de pousser les exportations. Au terme de ses travaux, le Conseil a approuvé un certain nombre de mesures en faveur du secteur des industries traditionnelles :
Premièrement : Soutenir les incitations à l'exportation, par :
- Augmenter le pourcentage de prise en charge des frais de transport à l'exportation attribué par le Centre de Promotion des Exportations, de 25% à 50%. Création d'un prix national pour les 3 meilleurs artisans exportateurs dans le domaine de l'artisanat.
Deuxièmement : Simplifier les procédures d'exportation faciles et faciliter le budget alloué au projet, grâce à :
Mise en place de conditions particulières conformes aux procédures du projet « export facile » pour bénéficier des privilèges du Fonds de Développement des Exportations. Porter le budget alloué à cet effet de 1 million de dinars à 5 millions de dinars.
- Accélérer la dématérialisation des procédures de contrôle technique à l'exportation, favoriser l'interconnexion et faciliter l'échange de données entre les différentes structures intervenantes (services des douanes et guichet unique « export facile »).
Troisièmement : Développer la capacité productive, à travers :
- Consacrer des travaux aux chaînes de valeur et aux réseaux de clusters d'intérêt commun dans le but de faire progresser l'emploi, le développement et l'exportation, et publier un texte juridique à cet effet.
- Affecter une part de matières premières naturelles au profit des artisans et établissements artisanaux,
- Développer un système de formation professionnelle et de formation dans le secteur des industries traditionnelles pour attirer les jeunes et fournir une main-d'œuvre.
Quatrième : Financement, par :
- Relèvement du plafond des prêts d'argent courant de 5 à 10 mille dinars pour les artisans et de 12 à 20 mille dinars pour les établissements artisanaux.
- Création d'une ligne spéciale de financement pour soutenir les opérations d'exportation au profit des artisans et institutions artisanales, en bénéficiant immédiatement du financement après justification du document de commande ou du contrat et en incitant les banques à fournir le financement.
Cinquième : Support marketing et opportunités promotionnelles, via : Création d'une plate-forme virtuelle pour présenter les industries traditionnelles et soutenir la promotion (Marketplace).
- Soutenir la participation de la Tunisie en tant qu'invité d'honneur à l'exposition "Artigiano in Fiera" en décembre 2023 à Milan, Italie, avec la participation de diverses parties prenantes.
- Organisation d'un salon professionnel de l'artisanat, qui ouvre la voie à un grand nombre d'artisans pour présenter leurs produits sur les marchés tunisiens et étrangers, afin de gagner le pari de l'exportation.
Sixièmement : Les transactions financières, à travers :
- L'élargissement de la portée de l'utilisation de la carte technologique dans le sens de traiter avec certaines plates-formes virtuelles, afin de permettre la réception et l'entrée de fonds de l'étranger via la carte technologique internationale, et le relèvement de son plafond pour les industries traditionnelles de 10 à 20 USD.