Poterie

L’art de la poterie et de la céramique est millénaire en Tunisie qui connaît deux types de poterie : une poterie tournée par les hommes et une autre modelée par les femmes : cette dernière se rencontre uniquement en milieu rural ; elle est essentiellement utilitaire. Le modelage, la cuisson et le décor de ces poteries sont demeurés primitifs. Les lignes, les points, les traits ciliés, les dents de scie, les croix, les losanges sont autant de motifs qui rappellent tatouages et tissus de laine ruraux.

Quand à la poterie tournée, il semble que ce sont les potiers de Djerba qui ont été les premiers à utiliser le tour depuis les temps les plus reculés. Ils tiennent leur perfectionnement de cet art de l’ancienne Egypte, de la Phénicie, de la Grèce et de Rome. Ce sont aussi les potiers de Guellala (Djerba) qui sont à l’origine de la création d’autres centres potiers dans le littoral tunisien. Tunis, Nabeul, Moknine leur doivent d’y avoir fait naître une production de même facture que celle de Djerba.

Mais si la poterie poreuse « chaouat » s’identifie à Guellala, celle émaillée, jaune, vert ou brune, est synonyme de Nabeul. Les potiers de cette ville doivent leur renommée à cette technique. L’utilisation des glaçures et des oxydes métalliques est venue de Baghdad à l’époque aghlabide (IXème siècle).

 Céramique

A partir du XVIIème siècle la céramique tunisienne subit fortement l’influence turque : les céramistes tunisois, installés à Qallaline, produisent une céramique polychrome rappelant celle de la Turquie Ottmane.

De nos jours, la céramique connaît une véritable renaissance. Le développement du secteur du bâtiment lui a donné une nouvelle vigueur en permettant l’émergence d’un grand nombre d’unités de fabrication aussi bien artisanales qu’industrielles. Mais la céramique ne se limite pas aux fonctions utilitaires puisqu’elle a une place de plus en plus importante dans les activités ludiques des plasticiens tunisiens qui la considèrent plus comme art à part entière que comme simple technique.

   

Mosaïque

La Tunisie possède la plus riche collection de mosaïques antiques du monde. C’est à l’époque romaine et surtout à partir du IIème siècle que cet art s’est développé au point qu’on puisse parler d’une véritable école africaine, marquée par une grande maîtrise de la représentation figurée et une palette aussi riche que raffinée.

Aujourd’hui encore, il est possible de se procurer des reproductions de mosaïques anciennes que d’habiles artisans s’ingénient à alléger et à moderniser pour des usages décoratifs.

  

 

 

 La pierre taillée

Très utilisée dans l’architecture tunisienne, la pierre calcaire sculptée, de couleur beige ou rose dite « khadal » provient de Dar Chaabane (Nabeul). Elle sert à la fabrication des arcs, des encadrements des portes et des fenêtres, et même de chapiteaux tels qu’on peut en voir dans plusieurs maisons des médinas de Tunis et Sfax et actuellement dans la construction moderne.